Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/04/2018

Les faiqueniouzes de M'sieur le Maire

Dans le dernier édito du Paulh'Infos d'avril 2018 (cf. édito en PDF), monsieur le Maire de Paulhan disserte sur les vérités, sur les mensonges et sur les réseaux sociaux qui en démultiplient la portée publique. Sur le fond, voilà un bon sujet de philo pour le Bac ; mais la copie est plutôt un plaidoyer et elle n'aborde pas l'étendue des questions qu'un(e) élève de Terminale pourrait déployer.

Alors le maire donne deux exemples de faiqueniouzes pour pointer la mauvaise foi et la toxicité des propos qui circulent sur les réseaux sociaux. Voyons voir en quoi elles sont vraiment des Fake news.

Première Fake new, l'achat par la commune d'une parcelle inscrite dans le PLU comme emplacement réservé. Alors l'information qui est ici contestée par le maire, serait que « la municipalité aurait acheté un terrain rue Notre Dame pour permettre à un conseiller municipal de vendre le terrain de son père ».  La commune a-t-elle acheté ce terrain ? La réponse est oui, et elle fait l'objet d'une délibération du Conseil municipal du 21 décembre 2017. Un adjoint au maire possède-t-il, lui ou sa famille, des terrains contigus à cette parcelle ? Jusqu'à un passé très récent, les parcelles AC733 et AC1182 appartenaient à cet élu ou à sa famille. Pour démontrer que cette information était diffamante ou calomnieuse, le maire aurait pu fournir en conseil municipal les noms des propriétaires des terrains, écartant ainsi tout soupçon sur son adjoint. Non, il préfère remonter au PLU de 2008 et aux épisodes sur l'achat de cette parcelle AC31 par la mairie, mais ça ne dissipe pas les malentendus ...

La seconde Fake new porte sur le nomination de deux élus de Paulhan dans les conseils d'exploitation intercommunaux de l'eau et de l'assainissement, l'information circulant sur les réseaux sociaux étant que « le Maire a pris une décision avant que le conseil municipal se soit prononcé ». Quelle est la réalité des faits ? Le 6 décembre 2017 à 17h30, le maire convoquait la commission Urbanisme dont le point n°3 de l'ordre du jour était la désignation de deux membres au Conseil d'exploitation des régies d'eau et d'assainissement du Clermontais (cf. convocation au format PDF). Et comme en témoigne le compte-rendu de cette commission, le maire a bien proposé les candidatures de Bertrand ALEIX et de Pierrette ARNAUD, adjoints au maire (cf. compte-rendu au format PDF).

Sauf que ce même 6 décembre 2017, mais à 18h, l'assemblée communautaire se réunissait et elle avait à son ordre du jour les points n°13 et n°15 pour fixer la composition des 21 membres titulaires et 21 membres suppléants des deux conseils d'exploitation (cf. ordre du jour au format PDF). Alors oui, c'est le Conseil communautaire qui désigne les membres de ces deux Conseils d'exploitation, mais sur proposition des 21 communes du Clermontais. Donc oui, le maire de Paulhan a décidé seul des personnes qui représenteraient la commune dans des instances qui vont décider de l'exploitation du service et des investissements à venir.

Et lors du conseil municipal du 21 décembre 2017, l'ordre du jour comme le compte-rendu (disponibles sur le site Web de la mairie) plaçait la désignation des deux élus de Paulhan dans les conseils d'exploitation intercommunaux de l'eau et de l'assainissement au chapitre des ... informations. Plus de vote des conseillers, simplement une information du maire. A posteriori, il apparaît que l'inscription de ces points à l'ordre du jour de la commission Urbanisme du 6 décembre, avec un vote des élus, fut une regrettable improvisation ... pour le maire lui-même.

Calimero_Faiqueniouze.jpgEn tous cas, c'est étonnant que le maire de Paulhan s'aventure sur le terrain des explications de textes, toujours sur la défensive et dans le registre du plaidoyer ; on s'attend en général à ce que le premier magistrat d'une commune prenne un peu plus de hauteur.  Par ailleurs, ses explications apportent de la confusion, alors que placées dans l'édito du journal municipal elles sont sensées éclairer les citoyens de Paulhan. Et cela nous entraîne dans un brouillard de fausses et de réelles informations qui finira par discréditer la parole des élus.

Mots croisés du Paulh'Infos ; allons plus loin que les mots ...

Dans la 10ème édition du Paulh’Infos du printemps 2018, le groupe Paulhan Avenir a publié une grille de mots croisés (cf. Tribune Libre en PDF) ; nous souhaitions développer ici ces mots que nous estimons faire l’actualité de notre village.

Grille.jpg

HORIZONTALEMENT

[1] Pub > La publicité est désormais partout, mais si nous la subissons dans notre vie quotidienne, fer de lance d’une société consumériste, elle n’a pas sa place dans le financement de l’action publique. L’État, les services publics et les collectivités locales sont financées par les contributions des citoyens qui peuvent en contrôler l’emploi. Par ailleurs, la contribution d’opérateurs privés dans les affaires publiques, c’est un peu comme laisser rentrer le renard dans le poulailler :=(

[3] TAP > Le temps d’activités périscolaires a été mis en œuvre à Paulhan en 2013 ; en passant de 4 à 4,5 jours de scolarité hebdomadaire, l’objectif de Vincent Peillon (ministre de l’Éducation Nationale de 2012 à 2014) était de focaliser les enseignements sur cinq matinées, le moment où les enfants sont les plus réceptifs, et de libérer quelques heures pour des activités pourvues par les collectivités locales. Aucun bilan n’a été tiré sur ce changement de rythmes scolaires, mais le gouvernement d’E. Macron a décidé de laisser les communes poursuivre ou non la semaine de 4,5 jours. Sur Paulhan à la rentrée prochaine, les enfants de nos deux écoles vont repasser à 4 jours par semaine.

[3] Obscur > Le Paulhan Obscur, c’est l’intitulé d’une page Facebook qui a été tenue pendant l’automne 2017, et le mystère reste total sur l’identité de son, ou de ses propriétaire(s). Néanmoins, cet intermède dans la vie de notre village a suscité controverses et polémiques. Les réseaux sociaux sont un vecteur de communication qui agit dans l'immédiateté et qui se diffusent très largement, mais ils ne sont pas à sens unique. Les personnes mises en cause ont tout loisir de communiquer elles aussi, voire de commenter les publications où elles sont mises en cause.

[5] Salariale > La masse salariale de la commune de Paulhan est restée stable au précédent mandat, autour de 1,2 M€ de 2008 à 2013, et puis elle s’est envolée depuis quatre ans pour atteindre 1,6 M€ en 2017 (soit +27,4%). L’argument du maire, selon lequel la croissance démographique justifie de fournir des services publics de qualité, et donc de recruter, est démenti par les chiffres : au précédent mandat, la population a augmenté de 15% en 6 ans, mais elle n’a augmenté que de 4,65% ces quatre dernières années.

[7] Cave > A la fin du mandat de Bernard Soto, le conseil municipal avait conditionné tout projet d’aménagement de la cave coopérative à une augmentation de la capacité de la station d’épuration et à la mise en place d’une commission extra-municipale pour en définir la destination. Depuis, la cave coopérative est inscrite au patrimoine, ce qui soumet tout aménagement du bâtiment et de ses alentours à l’approbation de l’architecte des Bâtiments de France. En parallèle, le maire et son équipe avaient mandaté un aménageur pour démolir la partie arrière de la cave et proposer un lotissement d’une douzaine de villas. L’accord négocié avec Clochers & Terroirs portait sur une vente concomitante de la cave (pour 100 k€) à la mairie et du reste du terrain (pour 300 k€) à l’aménageur. Mais les services de l’État ont apposé leur véto à ce projet d’aménagement ; on revient ainsi au point de départ … quatre ans de perdus.

[8] Halle > La halle des produits régionaux est un bâtiment historique et singulier de la commune. Il est malheureusement en très mauvais état ; son ossature métallique est rouillée et les briques font apparaître des mouvements de masse inquiétants. D’ailleurs, ce bâtiment n’est plus ouvert au public. Le projet de l’équipe de Bernard Soto était de transformer ce bâtiment en médiathèque, profitant ainsi de subventions du Département, de la Région et de l’État ; la vente de l’actuelle bibliothèque pourvoyant aussi au financement du projet. Aujourd’hui, la halle n’est l’objet d’aucun projet ; elle reste en cœur de village un bâtiment en déshérence.

[10] Toxique > C’est par ce qualificatif que l’action de l’opposition municipale est jugée par le maire. C’est méconnaître le rôle d’une opposition en démocratie. Une opposition démocratique est un contre-pouvoir qui permet de contrôler l’action de la majorité. Cela n’empêche pas l’opposition d’être force de proposition, et les quatre élus de Paulhan Avenir ont sans cesse apporté des contributions aux débats depuis 2014, mais n’oublions pas que le maire a été élu pour mettre en œuvre son programme, qu’il compte 21 conseillers municipaux sur 27 et qu’il dirige l’administration municipale. Alors en quoi l’opposition peut-elle être toxique ?

[12] Ateliers > C’est près de 800 000 € que la mairie investit dans les nouveaux ateliers municipaux, au beau milieu des vignes ! Oui, c’est de la gabegie, et nous avions proposé que la mairie installe les services techniques dans la cave coopérative, comme cela s’est fait à Mèze.  Par ailleurs, la loi ALUR a rendu inconstructibles les réserves foncières du PLU qui n’avaient fait l’objet d’aucune construction, et le nouveau PLU en cours d’élaboration se conforme aux objectifs de préservation des terres agricoles, la mairie de Paulhan construit ce bâtiment en zone agricole, et qui plus est sur un corridor écologique le long du ruisseau de Rougeac.

[15] CCAS > Le Centre Communal d’Action Sociale, bras armé d’une commune en matière de solidarités sociales, est à Paulhan depuis 2014 le grand absent des politiques sociales. De la banque alimentaire à l'EHPAD en passant par la coopération avec les actions du Département, le CCAS avait à l'époque de France Albignac (ce n'était qu'il y a quatre ans) un rôle prépondérant auprès de nos concitoyens les plus démunis.

[19] Voisins > Les voisins vigilants, c’est l’opération qu’a lancé la mairie il y a un an. Ce dispositif très en vogue chez les anglo-saxons a pour but de rendre les citoyens acteurs de leur sécurité collective. Rien qu’en étant vigilant sur tout ce qui se passe dans son voisinage, chacun(e) contribue ainsi à détecter des choses anormales ou imprévues, et à prévenir les services de police ou de gendarmerie. Le projet s’est arrêté comme il avait démarré, en silence. Ah, mais y a les caméras !

VERTICALEMENT

[A] Mites > Lors de ses vœux pour l’année 2018, le maire de Paulhan avait pointé du doigt ces mites qui freinent la constitution d’un tissu social pérenne. De quoi ou de qui parlait-il donc ? Des mites toxiques ou obscures … Non, il n’y pas de mite, il n’y a que des citoyens qui s’expriment ou qui jouent leur rôle. Par ailleurs, il ne faut pas mélanger les critiques sur la gouvernance municipale et les freins structurels que rencontrent les associations, à savoir la baisse du bénévolat.

[A] CCC > Le maire de Paulhan plaide depuis sa campagne pour des « relations apaisées » avec la Communauté de Communes du Clermontais. Et il rejette ainsi sur son prédécesseur une relation compliquée, voire rugueuse avec la CCC. Néanmoins, Bernard Soto et son équipe avaient obtenu le soutien de la CCC pour étendre la zone de la Barthe (avec Carrefour Contact et Point S), pour refaire le rond-point de l’entrée Sud, pour conserver la piscine de Paulhan dans les nouveaux statuts de la CCC (suite à la création du centre aquatique), pour bénéficier d’une participation dans la rénovation de l’ancienne école Georges Brassens et pour y maintenir l’office de tourisme, etc. Mais depuis 2014, comment la CCC s’est-elle impliquée dans le développement de notre commune ? Alors que la CCC a investi 750 000 € pour une crèche à Canet et qu’elle investit 1 000 000 € pour rénover la gare de Clermont-l’Hérault, elle programme 630 000 € pour le centre de loisirs de Ceyras et 720 000 € pour celui de Canet. Pendant ce temps-là, le maire de Paulhan se satisfait d’avoir réalisé la cantine du groupe scolaire Arc-en-ciel (300 000 €) sans un centime de la CCC. C’est certain que de telles relations [inexistantes] sont apaisées. Mais on n’obtient rien sans rien, et il faut monter au front pour gagner des batailles !

[A] Eau > Les services de l’eau et de l’assainissement ont été transférés à la CCC au 1er janvier 2018, alors que la loi NOTRe n’en fait obligation qu’au 1er janvier 2020. Mais cette anticipation s’est faite dans la précipitation pour 21 communes qui avaient des tarifs très éloignés les uns des autres. Il s’y ajoute la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatique et Prévention des Inondations) imposée elle aussi au 1er janvier 2018 aux intercommunalités, ce qui fait que les petit et grand cycles de l’eau sont désormais de compétence intercommunale. L’organisation du nouveau service intercommunal est encore à l’état embryonnaire, l’information à destination des abonnés est assez indigente, et puis nous allons surtout subir une hausse importante du prix de l’eau à Paulhan (+35% d’ici 2024 pour les abonnés qui consomment 120 m3 d’eau par an, et de +44% pour les plus économes ou les plus fauchés qui ne consomment que 60 m3 par an).

[B] AXA > En janvier, en page 11 de notre journal d'information municipal, et sous l'intitulé "Information complémentaire santé", la mairie de Paulhan nous informait qu'elle avait rencontré un professionnel de l'assurance dont elle se proposait de présenter les services aux retraités de la commune lors d'une réunion à laquelle il fallait s'inscrire avec un coupon à découper. Et rebelote en juillet 2017, le groupe Axa étant même devenu "partenaire" de la commune ; il s'agit alors d'organiser une réunion d'information pour les travailleurs indépendants de la commune (cf. page 12).
Quelle légitimité la mairie a-t-elle pour promouvoir les offres commerciales d'Axa ? Quand une commune s'engage dans une telle démarche, elle s'attache déjà à rédiger un cahier des charges qui rassemble tous les besoins de ses administrés, et puis elle procède à un appel d'offres afin de sélectionner les entreprises qui répondent au mieux à ces exigences. Dans le cas présent, c'est une décision arbitraire qui impose ce partenaire-là, en dépit du code des marchés publics et sans se soucier du principe de concurrence libre et non faussée qui régit le commerce en France et en Europe. Et si demain un(e) Paulhanais(e) avait à se plaindre de la couverture des garanties souscrites dans ce cadre-là chez Axa, la mairie servirait-elle de caution à Axa ?

[C] IP > Internet Protocol, c’est le langage utilisé par les ordinateurs pour échanger sur le Web. Alors pourquoi en parler ici ? Parce que le Département de l’Hérault a signé une convention de délégation de service public avec la société COVAGE pour couvrir l’ensemble du département en connexions au très haut débit Internet. D’ici 2022, il y aura de la fibre optique dans toutes les rues de nos villages, devant nos portes, et ce sera aux opérateurs (Orange, SFR, …) de proposer des abonnements pour s’y connecter. Mais au-delà de l’outil technique qui constitue une prouesse, il y a surtout les conséquences sur notre quotidien. Avec la fibre optique, nous pourrons accéder à des offres de télémédecine, nous pourrons suivre des conférences ou des formations en ligne, les professionnels du tourisme pourront offrir à leurs clients des prestations de meilleure qualité, etc. Ce sont des changements majeurs qui surviendront à moyen terme, mais ils demeurent absents par exemple des documents d’urbanisme (le SCoT du Cœur d’Hérault ou le PLU de Paulhan) ; la fibre optique dans un village, ça va devenir d’un même niveau de prestation de service public que l’eau, que l’assainissement ou que l’électricité. Il faut s’en saisir !

[C] Voie > Dans le projet que nous portions en 2014, nous avions programmé que la voie de chemin de fer qui va de l’Hérault à la Barthe devienne un axe de circulation douce structurant pour toutes les activités des paulhanais, une « voie douce traversante ». Le maire et sa majorité ont fait le choix depuis 2014 de transformer une infrastructure en une somme d’équipements (parcours de santé, sanisette pour toutous, bancs pour se reposer, espace pique-nique, skate-Park, …). Cette voie verte fait le choix des espaces de vie plutôt que celui de la mobilité, elle fige des tronçons plutôt que de constituer un axe traversant pour piétons et cyclistes, favorisant les déplacements pour aller travailler, pour aller à l’école, pour aller faire ses courts ou juste pour se promener.

[D] Gare > En 2013, la SNCF vend ses deux gares de Clermont-l’Hérault et de Paulhan. La Communauté de communes a choisi d’acheter celle de Clermont-l’Hérault pour offrir des services au public, ne laissant pas d’autre choix à Paulhan que d’assumer seul l’investissement. Heureusement, le coût d’achat de 180 k€ a bénéficié d’une subvention de 50% du Conseil départemental à condition que la gare propose une offre de logements sociaux. Mais depuis quatre ans, ça piétine …

[F] Bibliothèque > Le bâtiment actuel de la bibliothèque fait l’objet, depuis le début du mandat, d’un projet d’agrandissement. 12 000 € ont été dépensés en études de 2015 à 2017, les travaux étant prévus pour 2018 et 2019 ; ils devaient déjà commencer au premier trimestre 2017 ! Ca va dépendre des subventions.

[G] Sages > En 2014, le maire mettait en place un Conseil des sages, pour disposer d’une instance de concertation ouverte à des anciens élus et à des personnalités de Paulhan. Les élus que nous sommes n’ont jamais reçu aucune information sur les travaux de ce cénacle d’experts locaux ; se réunissent-ils encore ?

[H] École > L’école Arc-en-ciel avait vu sa première tranche inaugurée par Bernard Soto, et son mandat s’achevait sur le projet d’une seconde tranche, inscrite au budget 2014. Cette seconde tranche a été achevée pour la rentrée de 2017, mais la Communauté de communes n’y a pas investi un centime, alors que d’autres communes du Clermontais bénéficient de participations significatives. C’est l’un des projets, avec le cimetière et le parking du City-Stade, que la municipalité actuelle a mis en œuvre dans la continuité du mandat précédent de Bernard Soto.

[H] Liens > Pas de couac [public] dans la majorité municipale, animée de façon très verticale, même si elle est traversée par de nombreux clivages, soumise à de nombreux griefs et jalonnée de chantages à la démission.  Des projets structurants et des délégations mobilisatrices comme ciment ? Non, il y a surtout des liens personnels et privés avec le maire.

[J] CARP > Le Centre d’Animation et de Ressources Paulhanais a été créé en 1991, présidé par un certain … Claude Valéro. Avec un animateur FONJEP financé par les ministères de la jeunesse et du sport, cette association proposait des activités à la salle des jeunes de Paulhan. Pendant sa campagne électorale, le candidat Valéro avait reproché à Bernard Soto d’avoir été le fossoyeur de cette structure, sauf qu’elle s’était éteinte suite au départ de son animateur, Michel Peyre. Et depuis 2014 ?

[J] Jeunes > Claude Valéro  s’était engagé à offrir aux jeunes de Paulhan des outils d’animation. Il est aujourd’hui maire de Paulhan, mais aussi vice-président de la CCC, délégué à la petite enfance et à la jeunesse. Qu’est-ce qui a été fait pour les jeunes de Paulhan depuis quatre ans ? Même le Conseil municipal des jeunes a disparu depuis deux ans, alors qu'il était un formidable vecteur de citoyenneté.

[J] PLU > La seconde révision générale du Plan Local d’Urbanisme de Paulhan a été prescrite en juillet 2015, la première ayant été approuvée en février 2008. Rien ne justifiait vraiment cette révision, excepté que comme dans de nombreuses communes du Clermontais il s’agissait d’anticiper les exigences du futur Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Pays Cœur d’Hérault ; les contenus du SCoT s’imposent aux PLU du territoire concerné. Au final, ce pari politique à l'échelle intercommunale se heurte aux services de l’État qui ne peuvent valider les PLU, … en l’absence de SCoT. La première étape du PLU, à savoir le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), a fait l’objet d’une présentation publique et d’un débat en Conseil municipal en janvier 2017. Mais depuis plus d’un an, rien n’a avancé.

07/02/2018

En l'absence de SCoT, les communes du Coeur d'Hérault sont uniformément limitées dans leur croissance démographique

Panique chez beaucoup d'élus du Clermontais, car les services de l’État dans l'Hérault freinent leur appétit de développement. Alors la DDTM 34 « théorise-t-elle un contrôle des naissances » comme je l'ai entendu dire ?

Il est un constat qui doit interpeller tous les élus locaux, c'est que par les passé leurs documents d'urbanisme (PLU et POS) avaient misé sur une importante croissance démographique, et qu'ils avaient donc inscrit dans ces documents des réserves foncières trop importantes. Et dans ce contexte-là, ce sont les aménageurs qui venaient piocher ici et là les territoires à investir ; les communes et leurs regroupements se privant de toute orientation politique sur le développement de leur territoire.

A Paulhan, où la population était passée de 2 379 habitants en 1982 à  3 300 en 2006, soit une hausse de +1,6%  par an, le PLU adopté en février 2008 proposait plusieurs dizaines d'hectares à urbaniser, ce qui était bien au-delà des besoins réels.

Dans l'Hérault, la population a augmenté de +1,4% par an entre 2009 et 2014, soit l'arrivée de 15 000 nouveaux habitants chaque année. Mais ces populations nouvelles ne s'installent pas de la même façon sur l'ensemble du territoire. L'aire urbaine de Montpellier a par exemple capté près de 10 000 habitants par an, soit +1,72% par an. Et en dehors de toutes les grandes zones urbaines du département (+1,51% sur Béziers, +1,07% sur Sète et +0,6% sur Lunel), la croissance démographique a été de +1,55% par an entre 2009 et 2014. Mais entre 2014 et 2015, cette croissance démographique des zones rurales est passée sous le seuil de 0,5% !

Figure_3_626px.png

Alors aujourd'hui la DDTM de l'Hérault s'est fixé (ou semble s'être fixé) un plafond de +1,5% de croissance démographique annuelle pour tout le territoire départemental. Il revient ensuite aux territoires de s'organiser pour définir les secteurs et leurs taux d'urbanisation. C'est par exemple ce que fait la Métropole de Montpellier, qui s'est fixée un taux de croissance démographique de +1% par an sur la période 2019-2040, avec 570 000 à 590 000 habitants en 2040. Et c'est ce cadre-là qui va s'imposer aux 31 communes du territoire métropolitain, avec des sites d'extension urbaine clairement définis dans le document d'orientations et d'objectifs (D00).

Le Cœur d'Hérault n'ayant pas de SCoT approuvé, et une communauté de communes comme le Clermontais n'ayant même pas un Programme Local de l'Habitat (PLH), les services de l’État sont contraints d'appliquer un taux de croissance uniforme. Il y a aujourd'hui 28 671 habitants sur le Clermontais, et une hausse de +1,5% de démographie correspond à 430 nouveaux habitants chaque année ; mais ou ? Sur Clermont-l'Hérault, sur Canet, sur Paulhan, sur Octon, sur Brignac, ... ?

Or, même +1,5% paraît aujourd'hui exagéré quand on lit que la Métropole de Montpellier mise plutôt sur 1% pour son territoire, et que celui-ci est le plus attractif du département. Et par ailleurs, le SCoT du Cœur d'Hérault, dont la première prescription date de 2013, en est encore à l'étape des diagnostics, chaque EPCI et chaque secteur voulant graver dans le marbre telle ou telle situation qui contraindrait fortement l'étape suivante du PADD (Projet d'Aménagement et de Développement Durable). Il y a de moins en moins de chances pour que ce SCoT soit approuvé d'ici deux ans, et les documents d'urbanisme municipaux devront attendre pour inscrire de nouvelles extensions urbaines, au-delà des périmètres actuellement urbanisés.