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29/09/2014

Que d'eau, que d'eau !

Cette citation du Maréchal Mac Mahon devant une crue de la Garonne qui inonda Toulouse en 1875 devient d'une actualité dominante depuis quelques temps dans notre région, et le temps n'a pas amoindri les dégâts qui sont occasionnés quand les sols sont gorgés d'eau, que les ruisseaux alimentent des retenues colinéaires qui se brisent avec une vague de débordement ou encore que l'Hérault élargisse son lit jusqu'à l'intérieur de nos villages.

L'urbanisation et la capacité des réseaux pluviaux constituent la cause essentielle des inondations dans nos villages du Cœur d'Hérault ; l'artificialisation des sols, quand elle est nécessaire, doit toujours se faire dans une approche globale à long terme.

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Le cours national à Paulhan soumis au ruissellement collinaire
Crédit photo Océane Boudé - 29/09/2014

Mais les travaux réalisés dans la décennie écoulée sur le réseau pluvial de Paulhan nous éloignent des grandes inondations de la fin des années 90 dans les quartiers de Saint-Martin ou de Saint-Mathieu. Et si les pompiers n'avaient pas été sollicités sur Paulhan à la mi-septembre, l'épisode d'hier a quand même nécessité de petites interventions ; la commune de Paulhan reste assez épargnée quand des dizaines de sorties sont requises dans les communes voisines du fleuve Hérault, en partie aval, et ce n'est rien à côté des drames survenus au nord du département il y a deux semaines. Il reste néanmoins des travaux à réaliser pour achever le programme d'action prévu sur le pluvial de Paulhan (essentiellement des bassins de rétention à l'ouest de l'ancienne nationale). Il y a aussi à entretenir régulièrement les ruisseaux et les avaloirs du pluvial, car tout obstacle au bon écoulement des eaux de ruissellement peut avoir des conséquences exceptionnelles, comme hier à Saint-Pargoire et dans des communes voisines de la rive gauche de l'Hérault. Et attention,  même avec toutes les précautions et tous les équipements en place, le danger n'est jamais écarté !

A savoir aussi que les services de l’État publient en continu l'état des cours d'eau sur tout le territoire, et chacun peut consulter ces données sur le site http://www.vigicrues.gouv.fr/ Avant d'envisager une sortie à pied ou en voiture, pour préserver les personnes et leurs biens, mais aussi les animaux, la consultation de ce site dès que notre département est classé en vigilance orange devrait être généralisée.

Carte.JPG

Des stations de mesure sont positionnées tout au long des cours d'eau, elles permettent de caractériser la hauteur et le débit de l'eau et ainsi de présenter une carte évolutive de l'impact des précipitations.

En sélectionnant une station de mesure, comme ici avec Aspiran, chacun peut suivre la montée ou la baisse d'une crue :

Débit_Aspiran.JPG   Hauteur_Aspiran.JPG

Si par le passé ces publications Web n'étaient consultées que depuis un bureau par des fonctionnaires chargés de ce suivi, chacun peut désormais mettre ces pages-là en favoris sur son Smartphone ...

A noter que la commune de Paulhan dispose depuis l'été 2010 d'un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) - un exercice de simulation avait d'ailleurs permis de le mettre à l'épreuve en février 2012 (cf. La lettre du Maire) - et qu'un document synthétique est mis à la disposition de tous les administrés, c'est le Document d'Information Communal sur les RIsques Majeurs (DICRIM) :

DICRIM.JPG

28/06/2014

Station d'épuration, un dossier ... encombrant ?

C'est par cette appréciation que le maire Claude Valéro a donné son point de vue au cours de la réunion de la commission Environnement du mardi 24 juin, réunion au cours de laquelle la Police de l'eau était venue expliquer que la multiplication des pics de charge polluante en entrée de station d'épuration (STEP) nécessitait des mesures urgentes, et qu'en attendant la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer, Service décentralisé de l'Etat dont la Police de l'eau est l'une des missions) donnera un avis défavorable à tout nouveau projet d'aménagement urbain. Notre prestataire qui assure la maintenance de la station d'épuration, la Lyonnaise des Eaux, ainsi que le Conseil général (Service d'Assistance Technique pour l'Epuration et le Suivi des Eaux - SATESE) participaient à cette réunion importante, et tant les causes de ces charges polluantes que les stratégies de sortie de l'impasse ont été abordées.

Photo_SATESE.JPG

Si le volume des eaux usées qui entre chaque jour dans la station d'épuration atteint régulièrement la capacité nominale de l'installation, les services de l'Etat considèrent que nous disposons encore d'une marge de 30%, et que par ailleurs les dépassements journaliers au-dessus de cette limite tolérée échappent aux contrôles puisqu'ils correspondent aux rares épisodes pluvieux qui n'arrivent qu'une fois tous les 10 ans. Il nous est conseillé d'augmenter la capacité nominale de la STEP, aujourd'hui de 610 m3 par jour, mais ce n'est pas là le plus urgent.

Le plus urgent, et il est déjà pointé depuis quelques années, c'est que la DDTM ne tolère aucun dépassement de la charge polluante en entrée de station. Douze mesures de 24h sont effectuées chaque année, et c'est autour des mois d'août et de septembre que la Police de l'eau constate des dépassements de plus de deux fois la capacité nominale de la station. Or, la capacité épuratoire de la STEP est excellente (>98%) et l'eau rejetée au milieu naturel est de bonne qualité ; cela ne justifie donc pas de la part de l'Etat de mesure conservatoire plus radicale à notre encontre, mais un simple principe de précaution qui est de ne pas augmenter fortement la population du village.

Deux pistes sont envisagées. La première est de réduire la charge polluante en entrée de station, et la Police de l'eau a demandé aux élus de Paulhan de faire les investigations nécessaires. La période des pics de pollution et les types d'activité économique sur Paulhan conduisent les fonctionnaires de l'Etat à cibler les viticulteurs. Selon la Police de l'eau, il suffit d'un viticulteur indélicat pour avoir ces pics chaque année.

La seconde piste, et elle avait été envisagée depuis 2013 par l'ancienne équipe municipale, c'est d'augmenter la capacité de la STEP. Inscrit au budget du service de l'assainissement en 2013 puis en 2014, une opération de construction d'un nouveau clarificateur (cf. image ci-dessous) était à mettre en oeuvre. Ce bassin est le point faible de la station, l'élément qui tolère le moins d'équivalents-habitants dans la filière eau, et son remplacement est une étape clé dans la mise en adéquation de cet équipement avec les besoins en urbanisation de la commune.

Clarificateur.JPG

La nouvelle équipe hérite-t-elle d'un dossier encombrant comme le soulignait le maire lors de la réunion ? Non, il n'est pas pire ou meilleur que tous les autres dossiers qui incombent à la municipalité. Le commissaire-enquêteur qui avait pris en charge l'enquête publique sur le projet de modification du PLU pour la cave coopérative avait inscrit dans ses conclusions que l'augmentation de la capacité de la STEP était une réserve à lever avant d'envisager le moindre aménagement urbain en lieu et place de la cave coopérative. Et il faut le répéter, les travaux sur la STEP non réalisés en 2013 figurent dans le budget 2014, budget voté en mars 2014 par l'ancienne équipe.

La Police de l'eau l'a rappelé, un équipement comme notre station d'épuration doit constamment être mise à niveau, à cause de l'augmentation de la population d'une part et par des exigences d'épuration des eaux usées toujours plus techniques d'autre part. Il ne servirait donc à rien de tourner autour du pot, il faut désormais choisir un bureau d'étude qui assistera la commune dans un marché de construction des équipements nécessaires à l'accroissement de la capacité nominale de la STEP. Le budget est là et les travaux pourraient être achevés dans moins d'un an.