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07/02/2018

En l'absence de SCoT, les communes du Coeur d'Hérault sont uniformément limitées dans leur croissance démographique

Panique chez beaucoup d'élus du Clermontais, car les services de l’État dans l'Hérault freinent leur appétit de développement. Alors la DDTM 34 « théorise-t-elle un contrôle des naissances » comme je l'ai entendu dire ?

Il est un constat qui doit interpeller tous les élus locaux, c'est que par les passé leurs documents d'urbanisme (PLU et POS) avaient misé sur une importante croissance démographique, et qu'ils avaient donc inscrit dans ces documents des réserves foncières trop importantes. Et dans ce contexte-là, ce sont les aménageurs qui venaient piocher ici et là les territoires à investir ; les communes et leurs regroupements se privant de toute orientation politique sur le développement de leur territoire.

A Paulhan, où la population était passée de 2 379 habitants en 1982 à  3 300 en 2006, soit une hausse de +1,6%  par an, le PLU adopté en février 2008 proposait plusieurs dizaines d'hectares à urbaniser, ce qui était bien au-delà des besoins réels.

Dans l'Hérault, la population a augmenté de +1,4% par an entre 2009 et 2014, soit l'arrivée de 15 000 nouveaux habitants chaque année. Mais ces populations nouvelles ne s'installent pas de la même façon sur l'ensemble du territoire. L'aire urbaine de Montpellier a par exemple capté près de 10 000 habitants par an, soit +1,72% par an. Et en dehors de toutes les grandes zones urbaines du département (+1,51% sur Béziers, +1,07% sur Sète et +0,6% sur Lunel), la croissance démographique a été de +1,55% par an entre 2009 et 2014. Mais entre 2014 et 2015, cette croissance démographique des zones rurales est passée sous le seuil de 0,5% !

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Alors aujourd'hui la DDTM de l'Hérault s'est fixé (ou semble s'être fixé) un plafond de +1,5% de croissance démographique annuelle pour tout le territoire départemental. Il revient ensuite aux territoires de s'organiser pour définir les secteurs et leurs taux d'urbanisation. C'est par exemple ce que fait la Métropole de Montpellier, qui s'est fixée un taux de croissance démographique de +1% par an sur la période 2019-2040, avec 570 000 à 590 000 habitants en 2040. Et c'est ce cadre-là qui va s'imposer aux 31 communes du territoire métropolitain, avec des sites d'extension urbaine clairement définis dans le document d'orientations et d'objectifs (D00).

Le Cœur d'Hérault n'ayant pas de SCoT approuvé, et une communauté de communes comme le Clermontais n'ayant même pas un Programme Local de l'Habitat (PLH), les services de l’État sont contraints d'appliquer un taux de croissance uniforme. Il y a aujourd'hui 28 671 habitants sur le Clermontais, et une hausse de +1,5% de démographie correspond à 430 nouveaux habitants chaque année ; mais ou ? Sur Clermont-l'Hérault, sur Canet, sur Paulhan, sur Octon, sur Brignac, ... ?

Or, même +1,5% paraît aujourd'hui exagéré quand on lit que la Métropole de Montpellier mise plutôt sur 1% pour son territoire, et que celui-ci est le plus attractif du département. Et par ailleurs, le SCoT du Cœur d'Hérault, dont la première prescription date de 2013, en est encore à l'étape des diagnostics, chaque EPCI et chaque secteur voulant graver dans le marbre telle ou telle situation qui contraindrait fortement l'étape suivante du PADD (Projet d'Aménagement et de Développement Durable). Il y a de moins en moins de chances pour que ce SCoT soit approuvé d'ici deux ans, et les documents d'urbanisme municipaux devront attendre pour inscrire de nouvelles extensions urbaines, au-delà des périmètres actuellement urbanisés.